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Maintes fois enregistrées, ces deux œuvres nous rendent exigeants, car il en existe déjà d’excellentes versions signées d’artistes prestigieux. Les
interprètes que nous révèle ce disque jouent Gabriel Fauré avec ce qui convient de lyrisme et de pudeur, de brillant et d’effacement pour une musique d’essence classique où l’inspiration romantique est tempérée par
le goût. Rien n’est plus difficile à atteindre que cet équilibre où l’emphase et la mièvrerie sont les périls majeurs à éviter. Ajoutons à leur mérite celui d’une élégance de bon aloi, jamais ostentatoire. Au Fauré
des premières années s’oppose celui des œuvres ultimes : par sa sobriété, sa justesse, l’interprétation des membres de Musique Oblique rapproche l’Opus 15 de l’Opus 120. L’art de Gabriel Fauré, en perpétuelle
ascension , donne l’image d’un mûrissement qui semble obéir le plus simplement du monde aux lois de la nature : grâces soient rendues à Elisabeth Glab, Silvia Simionescu, Diana Ligeti et Nathalie Juchors de l’avoir
si bien compris.
Jean Roy
Le Monde de la Musique Novembre 1999
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