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Prénommé César-Auguste par un père qui rêvait pour son fils d’une carrière impériale, Franck fut mieux qu’un virtuosesouverain : un monarque absolu de la
création musicale, s’illustrant, en cette seconde moitié du XIXe, dans presque tous les domaines – excepté l’opéra. D’une bienveillance éthérée qui lui vaut le surnom de « Pater Seraphicus », l’auteur des Béatitudes
s’entoure, au Conservatoire, d’un cercle de disciples, « la bande à Franck », parmi lesquels se détache Ernest Chausson.
Belle idée que celle de l’Ensemble Musique Oblique de jumeler le Quintette de Franck avec le Quatuor (avec piano également) de son cadet. Dans l’animation des mouvements extrêmes du
Quatuor se trahit la brûlure de fièvres tristaniennes contractées lors d’un pèlerinage précoce à Bayreuth. Un même feu passionné embrase le Quintette de l’aîné. Ecrite à sa table de composition comme à son buffet
d’orgue, à l’église Sainte-Clotilde, la musique de Franck a du coffre. Mais cette ardeur sensuelle se tempère d’une tendresse (« doux et tendre avec passion », indique le premier mouvement), d’un alanguissement
mélancolique (« lent, avec beaucoup de sentiment », réclame le deuxième) dont la pianiste Maria Belooussova se fait la subtile complice. Avec ses partenaires de l’Ensemble Musique Oblique, qui, eux non plus, ne
biaisent pas avec les exigences de leur répertoire, elle coupe allègrement à travers chants.
Gilles Macassar
1 CD Alphée/Nocturne.
Télérama n° 2962 - 21 Octobre 2006
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