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La musique de notre temps Musée en Musique avait donné carte blanche au compositeur Thierry Escaich.
Isabelle Rampal l Le Dauphiné Libéré, samedi 31 janvier 2004.
Comme le disait si justement avant le concert, Jean-Luc Carthonet, délégué de la Sacem à Grenoble : « Quand on parle de Bach
ou de Mozart, on parle de musique classique. N’oublions pas qu’à leur époque, ils faisaient tout simplement de la musique contemporaine ». Nous nous devons donc de porter attention à nos compositeurs
contemporains qui sont le reflet de notre temps.
L’auditorium a donc invité un jeune compositeur, Thierry Escaich, qui allie avec brio une carrière d’organiste, l’écriture,
l’enseignement au conservatoire de Paris et une résidence auprès de l’Orchestre National de Lille. Autant dire un artiste complet dont la carrière est jalonnée de grands prix en composition dont, en 2003, celui de
la Sacem et celui des Victoires de la musique. Il dit de lui-même avoir besoin de bases solides en tonalité. Il aime superposer les voix et aspire à cette tension due à l’attente d’une note vers la suivante. Il dit
surtout ne pas vouloir être classé dans une catégorie musicale, garder la liberté de ce rêve mental permanent.
Il a concocté avec l’Ensemble Musique Oblique, qui en assure la réalisation, un programme autour de ses œuvres, un programme du Xxe
siècle aux accents d’Europe de l’Est, avec, pour commencer, une « Ouverture sur des thèmes juifs » pour clarinette et quatuor à cordes dont la partition de clarinette ne manque d’ailleurs pas d’humour. On
y retrouve dès les premières notes la parfaite harmonie de l’Ensemble Musique Oblique qui a déjà enchanté le public grenoblois, dans des programmes plus romantiques, ce qui prouve l’éclectisme de leurs talents.
Suivent des « Scènes de bal » pour quatuor à cordes de Thierry Escaich et l’on est tout de suite frappé par le sens de
l’harmonie et la couleur à la fois inquiète et dramatique de la partition.
Changement de couleur avec « 6 danses populaires roumaines » pour violon et piano de Bartok débordantes de lyrisme slave
[sic]. Elles sont suivies de « Contrastes » pour piano, violon et clarinette du même compositeur. Ici, tout esprit folklorique a disparu et le trio s’épanouit dans un très beau troisième mouvement. Après
« 3 pièces » pour quatuor à cordes de Stravinsky baignées dans un climat irréel, le concert se terminera avec « Chorus » pour clarinette, piano et quatuor à cordes de Thierry Escaich. On y
retrouve ce même climat irréel qui va progressivement aller vers une tension insupportable, ponctuée par des changements de rythmes syncopés. Le compositeur, en prologue à cette œuvre, a dit son admiration pour le
travail de mise en place de l’Ensemble Musique Oblique, tant cette page est difficile. On peut se ranger à son avis sans hésitation.
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